Communiqué de la FCPE34 du 26 mai 2004
mercredi 26 mai 2004, par
Lettre ouverte à :
Monsieur André VEZINHET,
Président du Conseil Général de l’Hérault,
Président d’Hérault Transports
Monsieur Francis IDRAC,
Préfet de Région,
Préfet de l’Hérault
Monsieur Dominique Fourault,
Président du groupe PIOT-SADAP
Mesdames et Messieurs les salariés
du groupe PIOT-SADAP
Depuis le mardi 20 avril, les transports scolaires de l’Est du Bassin de Thau sont en grève. Les quelques 5000 élèves concernés se trouvent depuis dans une situation inextricable, certains étant depuis maintenant cinq semaines dans l’impossibilité de rejoindre leur établissement scolaire pour y suivre leurs cours.
Cette situation de blocage, à quelques jours des examens, est absolument dramatique pour les familles et constitue de fait une prise en otage de ces milliers d’élèves.
Vous avez chacun votre part de responsabilité dans l’éclatement, l’enlisement de ce conflit, et dans la rupture de la continuité du service public de transports scolaires qui en découle.
De la part du Conseil général de l’Hérault, par le biais d’Hérault Transports, responsable de l’organisation et du bon déroulement du service public, le choix d’une entreprise ayant enchéri à moins 25% dans le cadre de l’attribution du marché public s’avère aujourd’hui désastreux. Les efforts, réels, que vous avez entrepris pour tenter de sortir de l’impasse se sont, jusqu’à présent, révélés vains. Il est impératif aujourd’hui de prendre de nouvelles initiatives pour sauver sans délai ce qui peut encore l’être. D’autre part, il serait bon à l’avenir d’avoir une vraie réflexion sur le principe du recours quasi systématique à la sous-traitance de missions de service public à des entreprises privées, dans lesquelles le volet social est trop souvent notoirement insuffisant.
Depuis le début de cette affaire, la discrétion du Préfet et son silence assourdissant ont grandement contribué à majorer les crispations des parties concernées, radicalisant le conflit et l’amenant inéluctablement dans l’impasse. Monsieur le Préfet, vous auriez pu, vous auriez dû intervenir avec célérité pour mettre en place une vraie médiation, et ainsi permettre une reprise rapide du service public. Votre non-intervention est un élément majeur de l’enlisement de la situation. Une République qui permet qu’à quelques jours des examens plusieurs centaines d’élèves soient privés de l’accès à leur établissement scolaire ne respecte pas ses valeurs fondamentales, inscrites dans le préambule de la constitution. A notre sens, vous avez votre part de responsabilité dans cette faillite du service public.
En ce qui concerne le groupe PIOT-SADAP, censé assurer les missions de transports publics sur l’Est du Bassin de Thau, son comportement depuis le début du conflit montre autant son attachement au profit de l’entreprise que son désintérêt total pour la scolarité des élèves. Jusqu’à présent, les absences répétées et remarquées à la table des négociations, conjuguées à une attitude plus jusqu’au-boutiste que les plus jusqu’au-boutistes des grévistes, suscitent de sérieux doutes quant à la volonté réelle de l’entreprise de trouver une solution à ce conflit.
Messieurs les dirigeants du groupe PIOT-SADAP, à notre connaissance, personne ne vous a contraints à vous porter candidats à l’attribution d’un marché public, que vous avez emporté aux conditions que vous aviez vous-même fixées. Vous êtes de fait investis d’une mission de service public, tâchez aujourd’hui de vous en montrer dignes. Ce sont des enfants que vous devez acheminer vers leurs établissements scolaires, de futurs citoyens, vous n’avez pas le droit d’hypothéquer leur avenir en entretenant le blocage de la situation, pas plus que vous ne devez profiter du désarroi des familles pour régler des comptes internes à l’entreprise.
Enfin, mesdames et messieurs, salariés du groupe PIOT-SADAP, vous êtes peut-être vous-même parents d’élèves, sans aucun doute attachés au service public. Nous attirons votre attention sur les pertes irréparables subies par ces élèves dans leur scolarité. Attachés au droit de grève, comme au droit à travailler, nous vous demandons de prendre en compte l’imminence des examens dans l’évolution de votre conflit.
La FCPE 34 demande donc à chacune des parties concernées de prendre ses responsabilités afin que le bon sens et le service public reprennent leurs droits. La FCPE ne tolèrera en aucune façon que les épreuves d’examens puissent être perturbées et les élèves pris en otages.
Pour la FCPE 34,
Le Président,
Marc FOUREZ